Cette thèse porte sur l’étude des relations de possession et sur les énoncés non verbaux dans le dialecte libyen de Benghazi. Il s’agit d’une étude analytique basée sur un corpus oral collecté auprès de locuteurs benghaziens. Dans le cadre de cette recherche, des théories typologiques réalisées sur la possession et des travaux sur la dialectologie arabe nous serviront de points d’appui. Les constructions en avoir dans les langues du monde présentent des valeurs possessives ou relationnelles dites « périphrastiques ».Les constructions possessives sont présentées, dans ce travail, en trois types : constructions génitives ‘état-construit’, prédication possessive ‘avoir’ et possession dative ‘être à’, sous une contrainte syntaxico-sémantique : ordre des mots, détermination. Nos résultats montrent que les constructions synthétique et analytique sont en usage dans le parler de Benghazi et qu’elles n’expriment pas les mêmes notions de possession. Le recours à ces constructions dépend de facteurs formels, narratifs et pragmatiques. La construction analytique est marquée par l’emploi du relateur mtāʕ qui montre une évolution majeure dans le dialecte.Les énoncés non verbaux exposés dans notre recherche sont exprimés par les pseudo-verbes ʕind, fī, bī et mʕa, pour la prédication possessive, et par les particules lī, ʃōr, pour la construction dative. L’étude de ces énoncés montre qu’il existe une affinité entre les constructions locatives, existentielles et possessives. Ces éléments encodent des notions possessives différentes, aliénable et inaliénable. En plus de la possession, ils ont la capacité de présenter des valeurs communes comme les valeurs expérientielles (ʕind, fī, bī et ṣāħib), attributives (ʕind, fī, bī, ʃōr, mʕa, ṣāħib), ainsi que des valeurs modales, modalité déontique et de prise en charge.