Dans l’agglomération de Constantine, la nouvelle ville d’Ali Mendjeli reçoit un nombre important de ménages délogés des quartiers précaires qui ceinturaient le centre historique. Attribuant à ces ménages des logements modernes et confortables, les autorités ont estimé inutile d’organiser l’accompagnement social des populations déplacées alors que les délogements avaient provoqué des protestations. Depuis le début de l’année 2014, certaines des unités de voisinage d’Ali Mendjeli sont affectées par des violences, qui prennent parfois un tour dramatique. Ces dernières mettent aux prises des groupes de jeunes gens issus de différents quartiers démolis. Rivalités entre supporters du club de football local, concurrences économiques pour le contrôle des zones de parkings informels constituent les causes principales de ces rivalités. Dans les deux cas, les espaces publics apparaissent comme un enjeu dans le rapport de force en même temps qu’ils constituent une scène pour les affrontements. Les populations plus âgées, censées incarner une autorité sur les plus jeunes, ne parviennent pas à apaiser les esprits, pas plus que les autorités officielles. De ce fait, la violence s’installe, particulièrement dans certains secteurs de la ville nouvelle qui ont accueilli de forts contingents d’habitants provenant des quartiers les plus précaires. Ces tensions rendent difficile la vie de l’ensemble des populations de la ville nouvelle d’Ali Mendjeli, principalement les commerçants.