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Resilience thinking for a renewed analytical framework on development trajectories at the household level Le "penser résilience" pour un cadre d'analyse renouvelé des trajectoires des ménages

Domaine:

socioeconomicagriculture

Type de record:

paper
Créateur:
FalBouSanFay
Éditeur:
GesSavCenDép
Éditeur:
CCSD
Hôte:avatar
Poster élaboré en synthèse d'un travail finalisé lors du confinement (en 2020), raison pour laquelle il n'a pas été présenté en colloque International audience The paradox of Sikasso stands for simultaneously high levels of agricultural production and malnutrition because of low or declining food diversity. There are several pieces of explanation for this paradox: agricultural development concentrated on the production of cereals; cultivation areas expanding at the expense of the bush and intensifying at the expense of field edges; free access to certain natural products no longer possible; meals are less prepared and less shared; unfavourable price trends and scissor effects; land pressure leading to the removal of herds. These different insights are based on monitoring and the results of quite specific work, each according to a context and an approach. Contextual and methodological differences fuel debates and sometimes controversies on what can be measured, what can be compared, and on the best strategies to improve food and nutrition. Often absorbed by piecemeal empirical and modelling work, but sometimes handicapped by the lack of statistically representative data or samples, research on development needs integrated analyses that bring together all the explanatory elements and facilitate their discussion. This type of analyses is made possible by an approach in terms of trajectories, a trajectory being characterised by a set of interrelated dynamics that cause a system, in this case a territory or a household, to evolve in relation to an issue. This is the work carried out in 2018 in southwest Burkina Faso, inspired by the method for developing the historical profile of a socio-ecosystem proposed by the Resilience Alliance. A household is here a socio-ecosystem, being composed not only of individuals but also of the resources that these individuals manage and on which they depend. We found a diversity of farm household trajectories. For each household, we analysed the succession over time of improvements, degradations or maintenance of food diversity following the events and changes mentioned. This description of multiple interacting dynamics raises questions about threshold effects at different levels. It also allows us to better understand that disruptive events, such as climatic events, do not have the same effects depending on when they occur: because the room for manoeuvre to deal with them has been evolving and because the households' characteristics are changing.The results lead us to reflect on the conditions for a development favourable to food security; and on the different ways of characterising a development trajectory in the literature. Following the identification of spirals of accumulation, enhancement and preservation of resources or, conversely, spirals of degradation, impoverishment and exclusion, thresholds need to be specified to better describe the conditions for development. Given these thresholds, new modes of resource management and alternative practices open up ways out of the vicious circles of resource degradation and maladaptation. It is then a question of identifying which food security and nutrition policy interventions could break a harmful chain of dynamics or, conversely, generate links between positive dynamics. More broadly, interventions in favour of development should be designed according to the trajectories of the beneficiary populations, so as to influence them in the desirable direction. By defining trajectories in terms of a succession of dynamics, we highlight the role of 'disturbances' in a changing context and, as a result, the importance of anticipating them and their possible consequences in order to improve the resilience of households and their territories. The resilience of a household (as a system with its farm) depends on the quality of its trajectory, on the extent to which the trajectory is favourable to the household. In order to evaluate this, it is necessary to be able to situate it in relation to thresholds that should not be crossed. In terms of development studies, social-ecological resilience perspective is specific in that: - it is multidisciplinary, considering different kinds of phenomena and seeking to clarify the scope of these phenomena and their links; - it questions the sustainability of the processes at stake ("until when or how far will we be able to cope"), rather than focusing on the issues of poverty and growth; - it starts from observations on the crises and limits of current modes of development and governance and deduces actions and strategies corresponding to desirable trajectories, beyond warnings about vulnerabilities and injunctions for exogenous interventions. Dans la continuité d'une réflexion sur résilience et sécurité alimentaire menée conjointement depuis 2014 (Vonthron et al., 2016 ; Fallot et al., 2019), nous proposons de présenter et discuter les résultats d'un travail de caractérisation des trajectoires de 30 ménages agricoles, et d'analyse des circonstances dans lesquelles leur diversité alimentaire a évolué, dans la province du Tuy au Burkina Faso. Au Burkina Faso comme au Mali, on a pu observer que le développement agricole – caractérisé par l'augmentation des rendements et des revenus – ne donnait pas toujours lieu à une diminution de la malnutrition (Dury & Bocoum, 2012). L'évolution défavorable de la diversité alimentaire des ménages agricoles est en cause. Cette diversité est mesurée par les nutritionnistes en termes de groupes d'aliments consommés par les membres des ménages (Lourme-Ruiz et al., 2016). Le "paradoxe de Sikasso" qui caractérise les situations où la production agricole augmente alors que les populations sont malnutries, amène la recherche pour le développement à étudier les différents facteurs de la diversité alimentaire et à préciser les modalités et la portée de chacune des actions couramment préconisées en matière de sécurité alimentaire et nutritionnelle (projet RELAX, relax.cirad.fr): diversification de la production agricole (Ouédraogo & Sorgho Millogo, 2007 ; Vall et al., 2006); approvisionnement dans la Nature non cultivée (Koffi et al., 2017) ; développement de l'accès aux marchés ; gestion de la soudure et stockage dans les greniers individuels et collectifs (Le Cotty et al., 2019); évolution des recettes et des pratiques alimentaires; rapprochement des politiques agricoles et nutritionnelles (Alpha & Fouilleux, 2018). Des diagnostics, explications et pistes d'amélioration pour la diversité alimentaire sont ainsi fournies par les analyses de différentes disciplines. Caractériser le développement à partir de ces travaux suppose alors d'intégrer les éléments de compréhension des processus en jeu (organisation de la famille dans son exploitation agricole, renouvellement des ressources naturelles, ajustements sur les marchés…), et de tenir compte des circonstances dans lesquelles ils opèrent, ou pas. Pour ce faire et dans une démarche d’évaluation de la résilience des socio-écosystèmes (SES, par exemple un ménage et son exploitation), l’Alliance pour la résilience (Resilience Alliance, 2010) a développé des outils d’analyse des trajectoires d’un SES en fonction des liens entre événements concernant ce SES à différentes échelles (l'exploitation, le village, la région) et entre phénomènes de différentes natures. Le « profil historique » invite à penser les humains dans leur écosystème à propos d’une problématique (ici de sécurité alimentaire), à situer des événements plus ou moins soudains (évènement climatique, réforme foncière, épizootie…) sur des dynamiques plus longues (choix d’usage des sols, répartition des tâches dans le ménage…) et à identifier alors les trajectoires qui résultent de l’interaction de plusieurs processus qui ont des temporalités différentes. Dans le cadre du projet RELAX (2017-2019) et du stage de master de Anta Sanon (2018), les profils historiques de 30 ménages dans 2 villages (Makognadougou et Gombélédougou) ont été élaborés à partir de séries d'entretiens dans ces ménages et d'une revue approfondie de la littérature et des données disponibles sur leur environnement, activités et modes de vie. Les évènements qui ont marqué la trajectoire de chaque ménage depuis sa constitution (année du mariage du chef de famille et de sa 1ère épouse) ont été recensés, ainsi que les changements à l'échelle de la région des Hauts-Bassins et du village. Cette caractérisation est d'abord qualitative, questionnant les dynamiques en interactions susceptibles d'avoir fait évoluer la façon dont le ménage assure son alimentation. L'analyse a permis d'expliciter les circonstances dans lesquelles la diversité alimentaire d'un ménage a été maintenue, dégradée ou améliorée. La systématisation sur 30 ménages de différentes ethnies, âges et dotations en ressources, montre que les facteurs d'évolution de la diversité alimentaire ont changé dans le temps. On observe un rôle croissant des activités extra-agricoles et du recours au marché dans l'amélioration et le maintien de la diversité alimentaire lors de la dégradation des conditions environnementales et climatiques. Et ce sont les changements dans la composition de la famille et les pertes d'animaux qui contribuent le plus souvent à une réduction de la diversité alimentaire. Ces résultats seront discutés pour d'une part contribuer au débat sur les conditions d'un développement agricole favorable à la sécurité alimentaire et nutritionnelle et d'autre part comparer différentes approches et méthodes pour caractériser une trajectoire de développement, notamment avec l'économie du développement (Barrett & Constas, 2014 ), les diagnostics agraires (Baccar et al., 2017 ; Bainville, 2017), la modélisation spatiale (Jahel et al., 2017) et bien sûr la résilience des socio-écosystèmes (Enfors, 2013 ; Lade et al., 2017).

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