Cockcroft, Anne (Supervisor1) Law, Susan (Supervisor2) À ce jour, environ 20% de la population adulte du Botswana est atteinte par le VIH. Une étude y est actuellement menée afin d’étudier l’impact d’une intervention qui s’adresse aux facteurs structurels liés aux taux élevés de prévalence du VIH chez les jeunes femmes. Ces facteurs incluent le taux de pauvreté, le manque d’éducation ainsi que la violence à l’égard des femmes. Cette intervention vise à favoriser l’accès des jeunes femmes marginalisées à des programmes gouvernementaux, leur permettant des opportunités d’éducation ou d’embauche. Ces programmes réduiraient leur besoin de recourir à des pratiques sexuelles transactionnelles, hautement à risque pour le VIH. Bien qu’ardu, il est nécessaire de rejoindre ces femmes afin de mettre un terme à l’épidémie de VIH qui touche le Botswana.Nous avons exploré l’utilisation d’une analyse des réseaux sociaux (ARS) afin d’identifier ces jeunes femmes et de favoriser leur participation. Nous avons utilisé une méthodologie mixte participative qui comportait 3 phases. En premier lieu, une étude pilote a permis d’évaluer la faisabilité du recrutement des participantes. Nous avons recruté 192 jeunes femmes, soit en réalisant du porte-à-porte, soit via leurs pairs, ou encore grâce à une collaboration avec certains membres clés de leur communauté. En second lieu, nous avons réalisé l’ARS principal, à l’aide d’un sondage visant à identifier les réseaux de soutien des femmes entre 16 et 29 ans (n=307). Ces femmes, qui n’étaient pas aux études et n’avaient pas d’emploi, provenaient de 4 communautés, 2 urbaines et 2 rurales. Une analyse sociométrique nous a permis de créer des graphes pour visualiser de quelle manière ces femmes étaient reliées entre elles. Une analyse égo-centrique nous a également permis de comprendre de qui ces jeunes femmes sollicitaient du soutien. En dernier lieu, nous avons organisé 9 groupes de discussion avec des membres importants de la communauté: 4 avec des jeunes femmes, 4 avec des dirigeants locaux et 1 avec des prestataires de services gouvernementaux. Ces discussions avaient pour but de discuter des résultats du sondage et d’aborder différentes stratégies permettant de rejoindre ces jeunes femmes marginalisées afin de leur donner accès à des programmes de soutien.Au terme de la phase pilote, nous avons conclu que notre méthode de recrutement était réalisable, grâce à l’implication des femmes et de certains membres clés de la communauté. L’ARS nous a indiqué que les jeunes femmes marginalisées étaient portées à solliciter le soutien d’autres femmes présentant le même niveau d’éducation, ainsi que celles ayant des enfants. Nos graphes suggéraient que les femmes provenant de milieux ruraux étaient davantage reliées entre elles que celles issues de milieux urbains, bien que des jeunes femmes isolées étaient présentes dans toutes les communautés. En conséquence, les différents acteurs impliqués ont proposé plusieurs stratégies dans le but de rejoindre ces femmes, notamment par la formation de comités locaux, par la valorisation de comités déjà existants au sein du village, ainsi que par l’utilisation des médias sociaux, bien que l’accès à ces derniers soit parfois limité. Ces résultats suggèrent qu’une approche de recrutement à plusieurs volets permettrait d’identifier et de rejoindre les jeunes femmes marginalisées au sein d’une communauté. L‘ARS a démontré que le recrutement par les pairs serait plus efficace en milieu rural qu’en milieu urbain, mais qu’il demeure insuffisant lorsqu’utilisé comme seule approche. Les stratégies évoquées lors des groupes de discussion permettraient de renforcer les liens au sein des communautés et de créer de nouvelles relations avec les prestataires gouvernementaux, dans le but de favoriser la diffusion de l’information liée aux programmes de soutien. En somme, le fait de rejoindre ces populations marginalisées pourrait nous permettre d’atteindre une couverture universelle des soins ainsi qu’une équité en matière de santé One fifth of Botswana’s adult population is infected with HIV. A trial in Botswana tests an intervention to address structural factors related to the high rate of HIV among young women, including poverty, poor education, and gender-based violence. The trial intervention aims to improve marginalized young women’s access to government programs that can help them return to education or to find employment, reducing their reliance on risky transactional sex. Reaching these young women is challenging, but necessary for ending the HIV epidemic.We explored the use of social network analysis (SNA) as a method to identify and recruit young women to the trial intervention. This was a participatory mixed methods study with 3 stages. First, a pilot social network survey helped to understand the feasibility of carrying out such a survey and the related analysis. We recruited participants (n=192) using respondent driven recruitment (combining door to door recruitment, peer recruitment, and referrals from key community members). Second, we carried out the main social network analysis, conducting a survey on the social support networks of young women aged 16-29 (n=307) in four communities (2 urban, 2 rural), who were not working and not in education. Sociometric (whole network) analysis allowed us to create network maps to understand how marginalized young women were connected to each other. Ego-centric (individual network) analysis helped to understand who they seek support from. Third, we held nine discussion groups with key stakeholders (young women (4), community leaders (4), and government service providers (1)) to discuss the survey findings and to explore ways to reach marginalized young women with support programs.In the pilot phase, we learned that our multi-pronged recruitment method was feasible; involving local young women and key community members who worked with marginalized young women (e.g. social workers, health education assistants) was helpful for recruitment. The social network analysis indicated that marginalized young women usually went to others like themselves for support; they went to other women, often with a similar level of education, and to others with children. The network maps showed that rural young women were better connected with each other than urban young women, though there were isolated young women in all communities. Qualitative data from the discussion groups supported these findings. Stakeholder-proposed strategies for reaching young women included forming local committees of young women, using existing village committees, and using social media (although there were issues of access to social media). The findings suggest that a multi-pronged recruitment approach (door-to-door, peer recruitment, and involving key community members) can help identify and reach the marginalized young women in a community. The network analysis illustrated that peer recruitment is likely to be more effective in rural areas but that it is insufficient, on its own, to reach all the marginalized young women. Recruitment could be improved by involving other women, and those of a similar level of education. Stakeholders proposed strategies that would strengthen ties within communities and build new ties to government service providers, to help spread information about support programs.Achieving health equity requires identifying and reaching the most marginalized populations that are often unable to access health services. Participatory methods allowed us to leverage networks to reach marginalized young women. The network analysis, in turn, helped us understand the underlying networks that our recruitment approach relied on. Reaching these populations can bring us closer to achieving universal health coverage and health equity