Dans un article paru dans les pré-actes des journées scientifiques inter-réseaux tenues à Damas en 2009, Biloa postule l’émergence d’un nouveau « parler » au Cameroun : le « franfulfulde ». Bien que procédant de l’alternance du "fulfulde" et du français, ce « parler » serait différent de ces deux langues. Cinq ans plus tard, Tourneux et Konaï réfutent ce postulat. Pour ces auteurs, on a plutôt affaire à des pratiques plurilingues qui participent de la dynamique du "fulfulde" et du français, et qui, par conséquent, sont à prendre au sérieux dans toute communication pour le développement au Nord-Cameroun. Le présent article restitue ce débat en procédant à une lecture sociolinguistique des idées défendues. En s’appuyant sur ces deux articles principaux, il interroge les conceptions que ces auteurs ont des « langues » et des pratiques plurilingues, pour essayer de construire la posture épistémologique de chacun.