Le processus de développement des sociétés humaines est caractérisé depuis toujours par une consommation démesurée, incontrôlée et irrationnelle des ressources de la terre, avec pour priorité la rentabilisation des capitaux et la satisfaction des besoins immédiats. Cette vision, plébiscitée et vulgarisée depuis lors, étale aujourd’hui ses limites, voire ses dangers par la crise humanitaire et écologique. La situation alarmante de finitude écologique de la terre impose de repenser le développement par un changement de paradigmes scientifiques et par l’appropriation et la promotion de nouvelles valeurs universelles en vue d’un développement durable saisi selon le rapport Brundtland comme un mode de vie qui répond aux besoins du présent sans compromettre l’évolution des générations futures. Comment y parvenir ? Notre communication intitulée « De la fiction à la réalité : pour une contribution du conte oral traditionnel au développement durable » qui s’inscrit à sa manière dans une optique traditionnelle du développement durable, envisage répondre à cette interrogation à travers l’étude d’un conte qui, au-delà des aspects anthropologiques, symboliques et sacrés, propose des solutions scientifiquement hardies en faveur du développement durable. Rigoureusement adossée à une démarche descriptive et socio-littéraire, l’analyse du conte oral traditionnel koulango (peuple habitant le Nord-Est de la Côte d’Ivoire) Pourquoi il y a des gens qui ne mangent pas le singe ? après, une brève exposition du cadre théorique du conte met en exergue les dimensions culturelles du récit et s’achève sur des propositions concrètes contribuant au développement durable.