Les quatre «vocabulaires» africains (jalof-fouli, mandingo, Congo-Angola, hottentot) qui figurent dans l'Histoire générale des voyages (1746-1759) de l'abbé Prévost empruntent à des sources diverses : le Français Barbot et l'Anglais Moore pour les deux premiers, les Italiens Carli et Merolla pour le troisième, les Allemands Kolbe et Juncker mais aussi le Hollandais Ten Rhyne pour le quatrième. Il résulte de cette origine mêlée et de cette chaîne de traductions un ensemble qui, pour riêtre pas totalement fiable, n'en représente pas moins une étape dans la connaissance des langues africaines, intermédiaire entre le simple recensement de termes à des fins utilitaires, dans quelques relations de voyages de la fin du XVIIe ou du début du XVIIIe siècle, et les premiers dictionnaires et grammaires du XIXe siècle.