Lu, Catherine (Supervisor) La présente thèse examine les questions normatives soulevées par les changements dans les droits fonciers et leurs effets sur les relations de genre au Kenya. Plus précisément, elle utilise les perspectives féministes africaines pour comprendre les discussions entourant la formalisation des droits fonciers et les conséquences qui en découlent sur les inégalités de genre au sein des systèmes de tenure foncière des communautés pastorales Maasaï. Bien qu'elle s'appuie sur une vaste littérature empirique sur les droits fonciers des femmes au Kenya et dans les communautés pastorales, cette analyse se concentre principalement sur les aspects normatifs, reconnaissant la nécessité de revisiter et d'explorer les dilemmes moraux fondamentaux intensifiés par ces processus. Principalement, à travers cette analyse normative, je soutiendrai que les lois foncières au Kenya sont déconnectées des réalités des femmes pastorales Maasaï. Ces structures légales perpétuent non seulement les héritages coloniaux, mais elles soutiennent également la privatisation comme le seul modèle valide. De plus, l'intégration des femmes dans ce cadre suit un paradigme inefficace qui néglige les considérations culturelles au profit des idéaux libéraux des droits humains. En accord avec la perspective de Njoki Wane sur les systèmes de connaissances autochtones, je défendrai également que la promotion des connaissances autochtones des femmes permet de résoudre la tension entre les efforts "progressistes" visant à promouvoir les droits fonciers des femmes et les modes de vie autochtones et la gestion des terres qui ne sont peut-être pas conformes à une approche fondée sur les droits humains The present thesis examines the normative questions raised by changes in land rights and their effects on gender relations in Kenya. Specifically, it employs African feminist perspectives to comprehend the discussions surrounding the formalization of land rights and the resulting consequences on gender inequalities within the land tenure systems of Maasai pastoralist communities. While it builds upon the extensive empirical literature on women’s land rights in Kenya and pastoralist communities, the analysis primarily focuses on normative aspects, acknowledging the necessity to revisit and explore the fundamental moral dilemmas intensified by these processes. Primarily, through this normative analysis, I will argue that land laws in Kenya are disconnected from the realities of Maasai pastoralist women. These legal structures not only perpetuate colonial legacies but also uphold privatization as the sole valid model of property. Moreover, the integration of women within this framework follows an ineffective paradigm that disregards cultural considerations in favor of liberal ideals of human rights. Aligned with Njoki Wane’s perspective on Indigenous knowledge systems, I argue that through promoting women’s Indigenous knowledge, it becomes possible to address the tension between ‘progressive’ endeavors to advance women’s land rights and Indigenous ways of life and land management that may not align with a human rights-based approach