Doctoral
Les langues songhay . À tort ou à raison, on a parlé de « langues mixtes » au sujet de certaines d’entre-elles, et d’autres posent des problèmes à la description, qui ne sont pas sans rappeler ceux que rencontrent les créolistes : la question de la « continuité de la transmission » de la « langue » se pose. On commencera en s’intéressant aux opérations de comparaison aux différents niveaux où elles sont utilisées/utiles pour appréhender la différenciation linguistique. Trois critériologies seront retenues : dialectologique, sociolinguistique et interactionnelle, qui s’appuient sur la mise en évidence de « traces » manifestant la dynamique de l’évolution dans la forme de la langue… Elles se distinguent toutefois par le type de leur pertinence.Il y a tout d’abord quelques postulats :Premier postulat : les facteurs sociaux et interactionnels mis en œuvre dans les échanges ont une importance majeure dans l’évolution des langues.Deuxième postulat : le cadre de la communication ne se définit pas comme un espace abstrait en rapport avec une langue donnée. Ce qui est en jeu c’est un espace communautaire, définie comme lieu de contact – même dans sa forme minimale – et un répertoire linguistique – comprenant ou non des discontinuités de codes. Troisième postulat : Dans cet espace, des codes sont fonctionnalisables et des stratégies, conscientes ou non, peuvent être mises en œuvre. Des restructurations utilisant les données disponibles peuvent conduire à l’émergence d’entités linguistiques qui ne sont plus directement dérivables de l’une ou de l’autre des langues en présence, ainsi que l’impliquait la modalité dialectologique.Un domaine empirique de recherche est ainsi ouvert, qui porte sur l’étude des situations de contact. Tout cela donne les éléments pour une analyse plus affinée impliquée par les nouvelles dimensions retenues : il s’agit de s’intéresser davantage à des opérations qui s’appliquent sur des objets que l’on essaie de reconnaître de telle façon que leur nature ne leur confère aucun statut réifié. Ces objets sont tout aussi bien « langues » que des entités construites telles que les « alliances de langues / Sprachbünde ».Quant aux « acteurs » dans cette dynamique, ils appartiennent à une communauté également posée par défaut comme non-homogène. Bien évidemment, Enfin, le contexte utile, quant à lui, varie selon les pertinences et, en fin d’analyse, le dernier « contexte utile » … c’est le descripteur lui-même. Il est alors intéressant de revenir sur le statut des « objets » ainsi traités / construits. Tout d’abord leur relativité. On peut questionner – pour l’exemple – les propres résultats que j’ai pu établir. Ensuite, le statut de des hypothèses avec:1) Le domaine de la conjecture : qu’en est-il par exemple de l’hypothèse du songhay A et du songhay B, hors du domaine conjectural ?2) Domaine de la (re)construction : par exemple l’élaboration de « proto-formes » en rapport avec des régularités reconnues ou bien « l’explication » structurale d’une évolution diachronique particulière. 3) Domaine de la description : par exemple l’analyse concrète d’une situation urbaine manifestant l’émergence d’une variété linguistique particulière ou tout autre approche rendant compte synchroniquement de la dynamique du langage. Dans le même temps on ouvre le questionnement sur l’uniformitarisme potentiel des évolutions, et plusieurs problèmes peuvent être discutés qui portent aussi bien sur les représentations de la « langue » et leur déconstruction (transmission de la langue comme un tout ou transmission de ses composantes, et de ses implications dans la restructuration de l’espace) que sur le positionnement du descripteur dans sa description (imposition des représentations catégorielle, traçage de clôture, définition des outils, stratégies d’analyse, routines.