Ce texte, daté de 1986, avait été prévu pour paraître dans un volume en projet "Nilo-Saharan Languages Studies" II, ed. Lionel Bender. Le volume n'est pas paru. Il propose une réflexion théorique fortement appuyée sur des analyses empiriques.RÉSUMÉ : Une analyse linguistique, associée à l’étude des conditions géographiques, historiques, économiques, culturelles et sociales propres à une situation donnée permet parfois d’introduire des hypothèses intéressantes sur le développement de la langue étudiée, et ce faisant, sur les principes de ce développement. C’est à une entreprise de cet ordre que je me livre ici. Je partirai de de l’hypothèse, étayée par des indices linguistiques, géographiques et sociohistorique, de l’existence à date ancienne d’une variété véhiculaire du songhay dont seraient issus certains de ses dialectes actuels. Selon ce point de vue, j’analyserai le phénomène de contamination phonétique qui affecte plusieurs d’entre-eux. Cela ne peut être fait sans tenir compte de la dimension sociolinguistique qui sous-tend l’opposition entre « fonction vernaculaire » et « fonction véhiculaire » d’une langue, ni d’une dimension communicationnelle comme celle qui permet de distinguer entre la « fonction de cohésion » et la « fonction de désignation »