Catherine Taine-Cheikh, qui s'intéresse au phénomène de l'injure dans la société arabophone de Mauritanie, commence par étudier les différents termes du dialecte hassâniyya qui relèvent de ce champ sémantique. Elle s'attache ensuite à montrer l'importance et la complexité de l'« effet injure », dans cette société fortement imprégnée par les valeurs de l'honneur où non seulement la critique mais aussi la louange peuvent apparaître comme des manifestations de l'injure. Passant en revue diverses situations empruntées à la vie quotidienne ou puisées dans des matériaux littéraires (écrits et surtout oraux), l'auteur relève diverses stratégies adoptées, soit par les injurieurs, soit par les injuriaires, pour tenter de maîtriser les effets des mots (ou gestes) « déplacés ». Bien que le problème du contrôle de soi semble presque toujours primordial, la gestion de l'injure laisse apparaître une différenciation importante en fonction du sexe et du statut relatif des acteurs sociaux concernés.