Dans de nombreux contextes marqués par des contraintes structurelles persistantes, les projets de développement soutenus par l'aide publique au développement opèrent comme de véritables régimes d'exception. Une fois le soutien externe retiré, assurer la pérennité des acquis représente un défi majeur, mais encore trop peu exploré. Cet article examine les mécanismes qui permettent de maintenir les projets éducatifs après leur phase active au Burkina Faso. Pour cela, il a comme cadre d’analyse, le cadre ICC (Shediac-Rizkallah et Bone 1998 ; Scheirer, 2005 et Brinkerhoff, 2000) qui articule trois dimensions à savoir l'ancrage institutionnel, les capacités organisationnelles et l'appropriation communautaire dans une perspective configurationnelle. Et qui trouve son sens dans la pérennisation des interventions de développement,
Ce modèle aide à décrypter comment ces éléments s'articulent en phase post-projet. La recherche adopte une méthode mixte, qui combine des données qualitatives avec une analyse quantitative via un modèle de régression linéaire multiple. Les résultats révèlent des trajectoires post-projet très variées : érosion progressive, maintien localisé, reconfiguration ou consolidation relative. Ces parcours s'expliquent moins par la qualité intrinsèque des projets que par la façon dont les dimensions du cadre ICC s'articulent entre elles. Ils soulignent en particulier que renforcer les capacités et favoriser l'appropriation communautaire ne suffit pas sans une institutionnalisation effective, qui inclut un financement récurrent, une supervision continue et une stabilisation des ressources humaines. Cet article propose une lecture ancrée dans les réalités du terrain pour comprendre comment les interventions éducatives peuvent réellement durer dans des contextes institutionnels fragiles.