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Employabilité des jeunes diplômés marocains : perceptions, obstacles et responsabilités.

Domaine:

education

Type de record:

paper
Créateur:
LAZBOULAHOUAL Adil
Éditeur:
REV
Hôte:avatar
Le débat marocain sur l'insertion des jeunes diplômés est dominé par le récit d'un déficit de compétences comportementales, presque toujours énoncé du point de vue des employeurs. Cet article renverse la focale : il restitue le regard que les jeunes portent eux-mêmes sur leur employabilité. À partir d'une enquête par questionnaire auprès de 129 jeunes diplômés, étudiants en fin de parcours et demandeurs d'emploi, il établit trois traits convergents. D'abord, ces jeunes se jugent compétents — près de neuf sur dix se situent au-dessus du milieu de l'échelle de maîtrise — et se sentent employables dans la même proportion ; mais les deux évaluations ne varient pas ensemble : la maîtrise comportementale perçue et l'employabilité perçue sont pratiquement décorrélées. Ensuite, interrogés sur les obstacles à l'insertion, les jeunes placent en tête le manque d'expérience, le réseau et l'inadéquation des formations, reléguant le déficit comportemental au quatrième rang. Enfin, sommés de désigner un responsable du développement de ces compétences, ils se citent d'abord eux-mêmes, avant les institutions. Se dessine le portrait d'une jeunesse qui intériorise la charge de son employabilité tout en désignant lucidement des obstacles que le savoir-être individuel ne peut lever. Les résultats, tenus pour des associations et des demi-régularités sur données transversales, invitent à relire le « déficit » moins comme un fait individuel que comme l'effet d'une focale qui individualise un problème d'abord structurel. Mots-clés : employabilité perçue ; soft skills ; jeunes diplômés ; individualisation ; marché du travail ; Maroc. Abstract- The Moroccan debate on graduate labour-market integration is dominated by a narrative of a behavioural-skills deficit, almost always voiced from the employers' standpoint. This article reverses the lens: it restores the view that young people themselves hold of their own employability. Drawing on a survey of 129 young graduates, final-year students and job-seekers, it establishes three converging features. First, these young people rate themselves highly skilled — nearly nine in ten place above the scale midpoint — and feel employable in the same proportion; yet the two assessments do not move together: self-rated behavioural mastery and perceived employability are practically uncorrelated. Second, when asked about barriers to integration, they rank lack of experience, networks and the training–market mismatch first, relegating the behavioural deficit to fourth place. Third, asked to name who is responsible for developing these skills, they cite themselves before any institution. The emerging portrait is of a youth that internalises the burden of its own employability while lucidly naming obstacles that individual soft skills cannot lift. The findings, treated as associations and demi-regularities on cross-sectional data, invite a rereading of the « deficit » less as an individual fact than as the effect of a lens that individualises a problem that is first structural. Keywords: perceived employability; soft skills; young graduates; individualisation; labour market; Morocco

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