Ce document de travail analyse la filière d'exportation du sésame africain vers la Chine et évalue le rôle de l'exemption tarifaire accordée par Pékin aux pays africains les moins avancés (PMA) depuis 2005. S'appuyant sur les bases de données Comtrade et FAO, il montre que la Chine, devenue importatrice nette en 2004, dépend désormais de l'Afrique pour plus de 80 % de ses approvisionnements en graines de sésame, sa propre production ayant fortement reculé. Six pays concentrent 95 % des exportations africaines vers la Chine : le Niger, le Soudan, la Tanzanie, le Togo, le Mozambique et l'Éthiopie. Ce document de travail met également en évidence des phénomènes de contournement tarifaire, notamment le transit nigérian via le Niger et le transit béninois ou ivoirien via le Togo, qui rendent les statistiques d'origine peu fiables. L'extension de l'exemption aux pays non-PMA à compter du 1 er mai 2026 devrait produire des effets limités, car les pays concernés représentent moins de 0,4 % des importations chinoises de sésame africain, et leurs circuits commerciaux sont tournés vers d'autres marchés. En définitive, l'avantage tarifaire profite principalement aux importateurs-transformateurs chinois plutôt qu'aux producteurs africains, sans modifier la structure d'une filière fondée sur l'exportation de matières premières brutes depuis l'Afrique et la transformation industrielle en Chine.