Les métamorphoses du paysage linguistique qui s’observent notamment à l’école suivent
l’évolution de la société ; elles s’intensifient en raison du phénomène de mondialisation qui
semble accélérer l’intégration de plusieurs langues dans un pays, en le plongeant parfois dans un
plurilinguisme controversé. Pour le cas de Madagascar, le contact entre plusieurs langues découle
de l’histoire, mais cette pluralité s’avère problématique, des recherches ayant montré l’existence
d’un clivage entre les usages et les représentations linguistiques des locuteurs. Pourtant,
l’importance des représentations apparaît dans le fait qu’elles influent sur les pratiques et
compétences linguistiques. La déficience au niveau socio-économique du pays et les difficultés
en matière de gestion des langues se répercutent dans les différentes régions, allant vers
l’exclusion scolaire des plus démunis. Ainsi, les inégalités s’accentuent dans le cadre d’une
éducation mise en œuvre en contexte plurilingue. Une telle situation induit des réflexions plus
approfondies sur la prise en compte des représentations linguistiques dans le curriculum et du
rôle de ce dernier dans l’enseignement-apprentissage des langues. Des pré-enquêtes ont été
effectuées au sein de l’établissement SÉSAME (Soutien aux Études Supérieures et Accès à un
Métier) pour un premier aperçu des contacts de langues et de leurs représentations positives et
négatives.