Le classement des langues songhay dans la famille silo-saharienne est contestable car les preuves fournies pour le justifier sont insuffisantes. D’autre part une étude comparative détaillée montre que ces langues songhay affichent aussi de nombreuses resssemblances avec les langues mandé, voir, avec les langues tchadiques ! S’appuyant sur ces faits et sur des études dialectologues étendues et détaillées, l’auteur propose de repenser la notion de parenté linguistique en tenant compte des effets de la dynamique structurale des langues et de la dynamique sociolinguistique et communicationnelle des communauté. Spécifiant la notion classique de continuation, il distingue entre la transmission du « matériau linguistique » et la transmission de la « tradition normative » puis, il illustre avec les évolutions particulières du dandy et du songhay septentrional l’incidence sur la langue du changement de fonction sociolinguistique d’un code et des ruptures dans l’emploi de ses traditions normatives. Autant de points susceptibles de transformer l’horizon théorique de la vision actuelle de la parenté génétique et, probablement, de reprendre sur bien des point importants la classification actuelle des langues africaines.